Entre les rumeurs, les certitudes assénées et les avis datant d'un autre siècle, on pourrait croire que la
photographie est un métier mort, sans avenir et sans perspectives. Il n'en est heureusement rien. Malheureusement, les forums sont remplis de "parleurs" qui n'hésitent pas à vous dire l'inverse
!
Le métier a changé ? On va en parler !!!
Un métier en mutation
Dire que le métier de la photographie est en pleine mutation est un peu inutile. Tous les métiers sont en perpétuelle mutation. La secrétaire n'utilise plus une
vieille underwood mais un ordinateur, le maçon utilise désormais un niveau laser et une bétonneuse, l'agriculteur a depuis longtemps abandonné la charrue au profit du tracteur piloté par
GPS…
Pourquoi la photographie devrait-elle rester comme elle l'était dans les années 50 ?
La réalité est que le métier a évolué comme tous les autres. Voci un aperçu des idées reçues sur le métier de photographe.
Avant, c'était avant. Ce constat est du à une mauvaise perception de la réalité. Remontons fin des années 1990 : Internet arrive dans les ménages et les gens
s'équipent d'ordinateurs. Rappelez-vous le nombre conséquent de magasins d'informatique dans votre ville (aujourd'hui devenus des night-shops ou des restaurants).
En 1997, on inaugurait le quatorzième magasin SHOP PHOTO sur Paris. Quatorze magasins de la même enseigne dans une même ville. Ces magasins sont moins nombreux
aujourd'hui et ce pour plusieurs raisons.
Internet et l'achat en ligne
Beaucoup de ces magasins n'ont pas cru que les magasins en ligne se développeraient si vite et avec le succès qu'on leur connaît, persuadés que leur "conseil et
SAV" serait suffisant à leur survie. Ils ont eu tort.
Les prix trop élevés
Quand on voit qu'un magasin ose vous vendre une simple pellicule noir et blanc pour 9,99 euros alors qu'elle est vendue sur le net à 3,45 euros, on comprend que les
vendeurs internet prennent le dessus. Le stock limité avec des excuses vaseuses (je suis obligé d'en prendre 200 pour vous en vendre un seul) ou les produits d'un autre âge (piles périmées depuis
2004 alors que nous sommes en 2012) expliquent l'échec mérité de certains commerçants.
Des sites Web dépassés, mal faits et sans information
Pour avoir l'air moderne, certains magasins se créent un site Internet. Plutôt que d'engager une personne compétente, ce dernier est vite fait mal
fait, et ne donne qu'une impression de modernisme. Beaucoup de commerçants ont ainsi une fonction "ajouter au panier" qui ne fonctionne pas (impossible
d'acheter en ligne).
Que dire des magasins qui proposent malgré tout l'achat en ligne et qui n'ont pas le produit de stock contrairement à ce qu'affirme leur page Web. Que dire
également de ceux qui vous invitent, après l'achat en ligne simulé de "passer au magasin pour payer et prendre votre commande".
Ajoutons également que de nombreux magasins en Belgique ne proposent pas le paiement en ligne avec une carte bancaire belge alors qu'il est possible de payer avec
une carte bancaire française…
Défaitistes et pleureurs
Faites l'expérience d'aller dans un magasin de Bruxelles et parlez de photographie. Vous entendrez la complainte de ce marchand, parlant du "bon vieux temps" avec
nostalgie et fustigeant l'époque moderne. En 2001, je me rappelle avoir été dans un magasin demander un objectif d'occasion pour mon appareil à monture Pentax (un Chinon). La première chose qui
me fut dite étai un dénigrement de mon matériel, une "petite saloperie", suivi d'un discours nostalgique à propos des films Kodak Tri-X qui allaient disparaître (on en trouve toujours en 2012…),
et enfin, me proposer un objectif en mauvais état pour la somme de 5000 francs belges.
J'ai immédiatement claqué la porte du magasin en disant à ce vendeur que le prix d'une "saloperie" était trop élevé. Rentré chez moi, je suis allé sur le site
ibazar.fr (devenu ebay) et j'ai trouvé mon objectif, en excellent état pour 800 francs belges (20 euros).
Quand on se moque des gens, qu'on méprise le métier pour ensuite surfacturer… Il ne faut pas s'étonner de se casser les dents. Certains le méritent !
La photo ? Ca sert à rien !
Vous connaissez sûrement la série "Bref" de Canal Plus. Dans l'épisode sur "J'apprends la guitare", il parle de ces gens chez qui tout et n'importe quoi ne "sert à
rien". Ces gens sont ceux qui couperont du bois sans lunettes de protection, retirent les dispositifs de sécurité des scies circulaires et manipulent des produits sans équipement de protection
car… ca sert à rien !
Les témoignages sont souvent redondants : "J'ai été photographe pendant trois ans, j'ai arrêté, ca ne marchait pas" ou
encore "je gagnais pas assez pour vivre" ou finalement "j'ai voulu le faire mais je l'ai pas fait".
Vous trouverez également des gens qui sont d'éternelles victimes : "Les taxes m'ont tué" ou encore "J'ai
repris un commerce qui ne marchait pas et le propriétaire m'a menti".
La première chose à faire est de ne pas écouter ceux qui ont raté (ou les écouter pour faire l'inverse). Souvent, ceux qui ont raté leur vie sont les plus grands
fournisseurs de conseils. Avez-vous envie d'apprendre à conduire avec quelqu'un qui a un accident par semaine ? Avez-vous envie d'écouter les conseils relationnels d'une personne qui est à son
cinquième divorce ? L'expérience est comme le vin, il y a la bonne et la mauvaise expérience.
Puisque je vous présente des cas réels, voici les raisons des gens qui ont échoué dans le métier :
"J'ai été photographe pendant trois ans, j'ai arrêté, ca ne marchait pas" Cette personne a repris un magasin de photographie dans un petit village avec pour seule formation un diplôme d'école primaire !
"je gagnais pas assez pour vivre" S'est acheté une BMW, un Hasselblad complet et
partait en vacances trois fois par an dès les premiers mois de l'ouverture de son magasin.
"Les taxes m'ont tué" n'a pas compris que "chiffre d'affaire" et "bénéfices"
n'étaient pas les mêmes chiffres.
"J'ai repris un commerce qui ne marchait pas et le propriétaire m'a menti" Est
une éternelle victime de la société qui n'a jamais été responsable de ses erreurs. Le genre de personne a accuser l'arbre de d'être déplacé tout seul pendait qu'il conduisait.
Sans fustiger ces personnes qui ont commis des erreurs, je vous déconseille de prendre leurs arguments au sérieux. Ce n'est pas parce qu'une personne a échoué
qu'une autre ne peut pas réussir.
Evitez également les gens qui vous donneront des conseils avisiés de gestion alors qu'ils n'y connaissent rien ! Vous n'imaginez pas le nombre de gens qui se
prétendent "spécialistes" alors que leur connaissance du commerce se limite à "Bénéfice = Prix de vente – prix d'achat".
Enfin, avant de suivre un conseil ou une direction, posez-vous les questions suivantes : Qui est le "conseilleur", son expérience,
son passé ? Quel est son intérêt ?
Ambition et prétention
Désolé d'être virulent, mais une fois de plus, seuls ceux qui ont raté leur vie vous accuseront d'être des prétentieux. L'ambition est nécessaire pour arriver à un
résultat. Si vous vous comportez comme un rigolo, personne ne vous prendra au sérieux.
Exigez le meilleur matériel
Seul le Doctor Who sauve le monde avec une bouilloire et trois bouts de ficelle, mais c'est un personnage de fiction. Utilisez du matériel et des outils de qualité,
pas des bricolages hasardeux qui au final vous coûteront aussi cher que du matériel dédié. Comportez-vous en bricolo, on vous considèrera comme un bricolo…
Exigez la perfection
Un travail demandé par un client demande la perfection. Certains vous diront que la perfection n'existe pas, mais envoyez-les au diable. Le soin et l'exigence que
vous mettrez dans vos travaux montrera au client que vous êtes sérieux et respectueux. Ceux qui disent que les clients sont incapables de voir la différence se trompent.
Pas d'arrogance
Aucun travail n'est facile. Ne vous dites jamais qu'un travail est "simple" en le prenant à la légère. C'est souvent là que l'on se casse le nez. Traitez tous vos
travaux à égalité.
Laissez les parleurs parler…
Ca sonne mieux en anglais "Let the talkers talk". Les "donneurs de leçon" ont toujours existé et vous n'y changerez rien ! L'énergie dépensée à ces conversations
futiles pourra être consacrée à quelque chose de plus intéressant.